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L'apport d'Id Software aux jeux video libres et sous Linux

IdSoftware a la bonne habitude de libérer ses moteurs au bout d'un certains temps : le moteur de Doom 3 (Id Tech 4) fin 2011, 6 ans après celle du moteur de Quake III(et de Doom 1 et 2 auparavant). Un retour en arrière n'est pas superflu pour comprendre l'origine de ce don à la communauté du libre.

Un peu d'histoire :
C'était il y a plus de 25 ans : la société Softdisk (créee en 1987 : éditeur de mensuels couplés avec des logiciels sur disquette), avait recruté John Carmack, John Romero, Adrian Carmack (sans lien de parenté avec le premier), ainsi que Tom Hall qui travaillait à la division Apple II de Softdisk. Voici donc les quatres principaux protagonistes de cette histoire déjà réunis.
Les 3 premiers avaient pour tâche de concevoir de nouveaux jeux pour le magazine Gamer's Edge (édité par Softdisk).
Un dénommé Scott Miller fondateur de Apogee Software en 1987 (Duke Nukem,etc...) avait pris pour parti de distribuer ses jeux sur le mode du shareware (partagiciel). En mai 1990, Scott Miller repère Dangerous Dave, un jeu de plateforme de John Romero. Ils prennent contact et celui-ci lui montre une démo du moteur de jeu de son collègue John Carmack. Scott Miller fait alors signer à John Romero, John Carmack, et Tom Hall un contrat pour développer un jeu de plateforme du nom de Commander Keen. (C'est à cette époque qu'ils conçurent les ancêtres de Doom : Hovertank One et Catacomb 3D mais pour le compte de Softdisk). En décembre 1990, le trio apporte son jeu à Scott Miller, qui diffuse la première partie en partagiciel à titre d'appât (le but étant de faire acheter les épisodes suivant). Un mois plus tard, Miller adresse à l'équipe un premier chèque de dix mille dollars. Les trois développeurs ont tout de suite été séduits par ce mode de distribution. Id Software est alors fondé en février 1991 grâce aux revenus générés par Commander Keen et Adrian Carmack rejoint le groupe.
Le premier développement de la société fût Wolfenstein 3D . Ce jeu aussi fût diffusé sous forme de shareware par Apogee Software le 5 mai 1992. Et plus de 150000 personnes déboursèrent les 50 dollars nécessaires à l'obtention des épisodes suivants. A la surprise de l'équipe, les fans se sont mis à fournir des extensions au jeu original sans intervention d'Id Software: éditeurs de niveaux, sonorisations, didacticiels. C'était donc le début des communautés de contributeurs que l'on trouve beaucoup aujourd'hui dans le domaine du logiciel libre.
Id Software décide alors de diffuser elle-même ses productions et se lance dans la production de Doom avec Adrian Carmack. Sorti en 1993, Doom a été chargé 15 millions de fois dans sa version partagiciel et vendu 2 millions de fois en version commerciale.

L'apport pour les jeux libres :
John Carmack a toujours été reconnaissant envers la communauté des fans de lui avoir permis de faire fortune, d'où son choix de libérer le code source de ses moteurs. Ainsi, celui de Wolfenstein3D a été libéré dès 1993, celui de Doom (renommé Id Tech 1) en 1997. Suivront la libération sous licence GPL des moteurs de Quake, Quake II (Id Tech 2) et Quake III (Id Tech 3) en 2005.

Les jeux sous Linux :
Id Software a également été une société pionnière sur le marché des jeux sous Linux : de nombreux titres ont été porté sur cette plateforme : Doom, Quake 1,2,3, Ennemy Territory, etc... Les portages ont été réalisés successivement par Dave D. Taylor, David Kirsch et Timothee Besset. Dans le même temps, plusieurs jeux libres ou partiellement libres sont d'emblée compatibles Linux (mais aussi pour d'autres plateforme comme MacOS).

L'héritage :
L'apport d'Id Software aux jeux video est considérable. En effet, du fait de la libération des moteurs, de nombreux dérivés sont apparus ainsi que de nouveaux jeux. On peut citer (excusez du peu; certains sont libres, au moins partiellement) : Soldier of Fortune , Heretic 2, UFO ALien Invasion (moteur Quake 2), Halflife et la série des Counter Strike, Leaft4Dead (moteur GoldSrc), Medal of Honor , Call of Duty, Enemy Territory (moteurs issus de Quake III), Urban Terror, Tremulous, World of PadMan, OpenArena, Smokin' Guns, Turtle Arena(ioquake3 ), Alien Arena (moteur issu de Quake II et III), Warsow (moteur Qfusion issu de Quake II), Paintball2 (moteur BeefQuake), Nexuiz, Xonotic, Hexen (moteur GLQuake).

Que seraient les jeux FPS 3D libres et sous Linux sans Id Software et John Carmack ?

sources :

Wikipedia français et anglais et sites officiels

La saga des jeux video par Daniel Ichbiah éditions Pix'n Love,

Le site officiel d'Id Software

Softdisk

Les dérivés de Quake

Les maîtres du jeu, un autre ouvrage très complet sur le sujet

Un article similaire sur le site Geeks de France

Voilà une video qui illustre assez bien cette histoire : 30 ans de FPS (il en manque bien sûr)

OpenTTD disponible sur la Wii

OpenTTD est une réécriture entièrement libre de Transport Tycoon Deluxe créé par Chris Sawyer et édité par Microprose en 1994. C'est une simulation de réseau de tranport en 3D isométrique. Le jeu est moins joli graphiquement que Lincity NG (simulation de ville) puisque c'est du 8 bit, mais il est plus abouti. (On notera qu'il existe un projet de graphismes 32 bits)
OpenTTD a donc été transposé sur la Wii par un développeur de pseudo Extrems. Il est disponible depuis le 6 novembre 2011 et en français de surcroît.

Comment en profiter :

  • tout d'abord, dépoussiérer la Wii à laquelle les enfants ne jouent plus depuis longtemps.
  • la connecter sur internet par le wifi.
  • ne pas la mettre à jour
  • installer le hack de la Wii qui correspond à votre firmware (Bannebomb ou LetterBomb). Voir le tutoriel ici ou . Pour résumer :
    • trouver une carte SD de 2 Go (pas plus)
    • à partir d'un ordinateur, décompresser le hackMiiInstaller qui correspond à votre firmware sur la carte SD et mettre boot.elf à la racine. Si votre Wii est de version 4.1 ou inférieure, renommez le dossier "private POUR WII DE 3.0 A 4.1" en "private". Et si elle est en 4.2, renommez le dossier "private POUR WII 4.2" en "private".
    • insérer la carte dans la Wii, redémarrer et cliquer sur le bouton "Options Wii", puis "Chaînes" et l'onglet "Carte SD". A la question "Load boot.dol/elf ?" répondez oui.
    • installer "The Hombrew Channel" (en principe le "BootMii" n'est pas à installer et est à réserver aux experts).

Une fois ceci fait, un bouton "Homebrew Channel" apparaît. Dans cette chaîne, le "Homebrew browser" permet d'installer de multiples applications via internet.
Les jeux libres suivant sont également disponibles : Jump'n Bump, Kobo Deluxe, Zerace, Les 27 petits jeux de Simon Tatham, Supertux, Abuse. On y trouvera aussi les applications libres suivantes : DOSBox, ScummVM, GeexBox, Mplayer...

Même si ces logiciels sont libres et gratuits, cela ne plait pas à Nitendo que l'on fasse avec sa console, autre chose que ce pour quoi elle est prévue. D'où ces multiples tentatives de changement de version de firmware pour empêcher l'exécution du BannerBomb. Malgré cela, les bidouilleurs du monde entier ont trouvé un hack qui fonctionne pour chaque firmware.

La Wii ne continuerait-elle pas à prendre la poussière sous la télé, s'il n'y avait pas l'intérêt représenté par ses applications non officielles ?

Seven kingdoms, un nouveau jeu commercial passé au libre.

Seven kingdoms, Ancient Adversaries est un jeu de stratégie et gestion en temps réel dans une époque médiévale. 
Il a été réalisé par Enlight Software et la première version est sortie en 1997. Ce qui est intéressant est que cette société par le biais de Trevor Chan (le créateur de la société), a libéré le jeu sous licence GPL en 2009. Ce qui a été libéré : le code, les graphismes, les sons, à l'exception des musiques qui ne sont pas de sa propriété. Les traductions également n'ont pas pu être libérées, donc, elles sont à faire, y compris le français.
Pour être précis, la version 2.12 est la dernière version commerciale, et les versions 2.13 et suivantes sont libres. Si vous souhaitez jouer avec la version complète, vous devrez acheter la version commerciale chez Enlight Software.

Le développement a été confié au groupe de fans "7kaa" et Enlight Software continue de soutenir le développement.
Suite au portage des API Windows sous SDL, le jeu compile sous Linux (32 et 64 bits).

Les graphismes datent un peu tout de même, mais la réalisation (gameplay, interface, etc...) est de qualité commerciale, ce qui manque souvent aux jeux libres.
C'est d'ailleurs une réaction intelligente de la part de Enlight Software de donner un nouveau souffle à ce jeu quelque peu "dépassé" en le plaçant sous licence libre. Un exemple qui devrait être médité par d'autres éditeurs.

note : Enlight Software a été éditeur de Trackmania réalisé par Nadeo.

sources Lebottindesjeuxlinux, jeuxlinux.fr et site officiel

Téléchargement :

Un peu d'histoire : Tron l'Héritage

Le 9 février 2011 est sorti le film "Tron l'héritage" qui est la suite du film culte "Tron" de 1982 par Walt Disney.
C'est l'occasion de rappeler l'existence d'au moins 2 jeux vidéo libres Armagetron et GLTron inspirés de ce film : des motos tracent derrière elles un mur infranchissable.Armagetron Gltron
Le principe du jeu concerné remonte en fait à quelques années plus tôt : il s'agit du jeu Blockade réalisé en 1976 par Gremlin dont s'inspire le film.

Tron est l'un des premiers film à utiliser des séquences retravaillées ou conçues par ordinateur(un PDP 10). Il faut toutefois se rappeler qu'en 1980, la souris (avec ses boutons et sa boule) n'était pas encore répandue. L'invention de la souris à boule date de 1979, et est restée confinée dans les universités et parcs de recherche et n'a émergé pour le public qu'en 1983 sur l'Apple Lisa. Et comme Disney ne possédait pas de ces ordinateurs expérimentaux, les informaticiens engagés par Disney ont travaillé de longues heures uniquement avec un clavier, en mode texte. (source Wikipedia)

Le film a inspiré des dixaines de jeux (voir sur Wikipédia), mais que reste-t-il de tous ces jeux en dehors des jeux libres? Et bien tous les jeux propriétaires tombent rapidement dans l'oubli. On ne peut pas y jouer : En effet, tout d'abord, il faut les trouver. C'est très difficile, car ils ne sont plus dans le commerce. Ensuite, en vertu des lois DADVSI et Hadopi, leur téléchargement est illégal (et oui, ces lois concernent aussi les jeux). Qui plus est, les machines sur lesquels on pouvait y jouer sont introuvables et il faut utiliser un émulateur.
Comment s'étonner alors que des jeux comme Armagetron soient régulièrement cités sur des média grand public (journaux et sites web) dans la catégorie jeux gratuits ? Proportionnellement, il y a beaucoup plus de jeux gratuits propriétaires que de jeux libres, pourtant le succès de ces derniers est tout à fait honorable : parcourez le site de clubic rubrique jeux pour vous en convaincre. Attention, certains jeux indiqués gratuits sont en fait libres.

Tron sur Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tron

Le jeu Blockade d'origine
http://en.wikipedia.org/wiki/Blockade_(arcade_game)

La sortie du film Tron l'Héritage sur Google actualités :
http://news.google.fr/nwshp?hl=fr&tab=wn&q=Tron%20l%(...)

Le PDP 10, la machine qui a fait les images de Tron : http://www.catb.org/~esr/jargon/html/F/Foonly.html

Quelques éléments sont tirés des commentaires sur l'article publié sur Linuxfr .

Jason Rohrer le Gandhi poêtique.

Jason Rohrer est un programmeur, écrivain, musicien et concepteur de jeux vidéo américain né en 1977. Il publie la plupart de ses travaux sous la licence publique générale GNU ou bien directement dans le domaine public. Il est surtout reconnu pour ses jeux très courts. Il est auteur de nombreux jeux ces dernières années, dont Passage, Cultivation, Transcend, Primrose, Gravitation.     Primrose
Il est aussi un écologiste convaincu, végétalien de surcroît, adepte du mode de vie de la "simplicité volontaire" : Il vit avec sa femme et sa fille selon un budget volontairement inférieur à 10000 dollars par an, à Potsdam, dans l'état de New York. Sans voiture, sans réfrigérateur, mais avec l'ADSL. Jason est une sorte de cyber-hippie qui tire sa subsistance des dons faits par les utilisateurs de ses logiciels.
Il est le représentant le plus connu du mouvement « art-game », un genre récent de jeux indépendants Transcendayant pour but exclusif de communiquer une idée ou une émotion précise (comme Passage ou gravitation ).

sources:
Wikipédia

passage de jason rohrer

Interview into-night with jason rohrer

site de l'auteur :

Développez facilement vos jeux vidéo multi-plateforme avec BennuGD

Bennu Game Development est un environnement de développement de jeux vidéo libre en mode console, qui a été créé en 2008 par un argentin, Juan José Ponteprino, alias SplinterGU. C’est un dérivé de Fenix 0.93 (de Carlos Falo Hervás et José Luis Cebrián), lui-même fork du langage DIV du logiciel DIV Game Studio de Daniel Navarro Medrano.

Bennu veut dire phénix en égyptien ancien. BennuGD est donc un langage de programmation interprété multi-plateforme, libre et optimisé pour le jeu vidéo. Il convient aux codeurs débutants et aussi expérimentés. SplinterGU y a intégré le concept de modularité permettant d’utiliser des extensions tierces, comme le réseau, les manipulations graphiques avancées, la lecture de MPEG, l’analyse de XML… BennuGD permet de faire des jeux 2D rapides, mais aussi en 3D grâce au moteur Irrlicht ou grâce aux développements d’un groupe colombien.

Considérations techniques :
Bennu GD est une sorte de langage C ou Pascal interprété comprenant des fonctions spécifiques aux jeux video comme le calcul de distance.
Le noyau est complètement portable, à partir du moment où il y a un compilateur C pour lui. Il comprend le compilateur, l’interpréteur, et le moteur d’exécution.

Les modules de Bennu utilisent SDL pour de nombreuses fonctions de base, ce qui les rend également portables sur de nombreux systèmes, tels que : Windows, GNU/Linux, FreeBSD, BeOS/Haiku, Mac?OS X, iOS et des consoles telles que GP2X Wiz, Caanoo, Dreamcast, Wii, OpenPandora, PlayStation 2, Xbox, Dingoo A320.

Le portage sur Android a été réussi plus récemment par le groupe espagnol de développement de jeux libres PIXjuegos avec le jeu PixFrogger (un Frogger multijoueur) grâce au portage du noyau réalisé par Josebita.

Notez qu’il existe des interfaces graphiques de développement intégré (IDE), mais elles ne sont pas officiellement prises en charge. La plus connue est FBTwo_Project. D'autres IDE peuvent facilement être adaptées.

Licence :
Initialement GPL v2, elle a été modifiée en Zlib en mai 2011, pour être compatible avec l’AppStore.

Remarques :
Il existe un autre dérivé de Fenix sous le nom de Gemix. D'autres concurrents de BennuGD sous licence libre : Pygame(en Python), PlayN, love2d (en Lua) et Jeash (développement pour navigateurs internet)(sources commentaires sur Linuxfr).

Pour la petite histoire, SplinterGU s’était intéressé à Fenix une première fois en 2002. Plus tard, en 2006, il a cherché un moteur de jeu et s’est penché à nouveau sur Fenix. Il a alors trouvé un projet moribond et bogué. Quand il a cherché à faire des modifications, il s’est heurté à l’opposition des développeurs en place ; il a alors décidé de « forker » (créer une nouvelle branche ou descendant) le projet.

 

Site officiel

 

Site de la communauté francophone

 

Fenix

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