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Minetest et les jeux 3D par blocs

Les jeux de contruction 3D par blocs sont devenus très populaires et à la mode surtout depuis la sortie du jeu Minecraft de Markus Persson alias Notch (version 1.0 publiée le 18 novembre 2011).

De quoi s'agit-il ? Ce sont des jeux dans un univers en 3D de grande dimension où la plupart des objets sont dessinés sous forme de gros blocs avec de gros pixels (ce style graphique est aussi appelé Pixel Art). On est donc très loin des jeux en 3D hyper réalistes qu'on a l'habitude de voir. À ce stade on pourrait penser qu'un tel jeu n'aurait aucun succès. Minecraft nous montre le contraire.

Un peu d'histoire :
L'ancêtre de tous ces jeux est en fait InfiniMiner (un ancêtre de seulement 3 ans puisqu'il est d'avril 2009) développé par la compagnie Industries Zachtronics. De la même manière que Minecraft, le principe de InfiniMiner se base sur un monde entièrement destructible et constitué de blocs. Il est à l'origine destiné à être joué en affrontement par équipe, le but étant de localiser et de récupérer les métaux précieux, puis de les ramener à la surface afin de gagner le plus de points possible. Cependant, au fur et à mesure que le jeu gagnait en popularité, les joueurs ont trouvé plus amusant de construire des choses que de vraiment jouer pour gagner des points.

Zachtronics abandonna finalement le développement du jeu peu de temps après sa parution. Le code source fut publié et là, cela devient intéressant puisque la licence choisie est libre : licence MIT. Cela a engendré une multitude de mods et de dérivés, mais le jeu disparut progressivement avec l'arrivée de Minecraft (source Wiki français de Minecraft).

Variantes :
On dénombre ainsi de multiples variantes et de nombreuses versions libres. Le jeu Minetest, de Perttu Ahola et d'autres contributeurs, a retenu notre attention : il est libre, licence LGPL, compatible Windows, Linux, Mac OS X et développé en C++ avec Irrlicht (pas de Java). Il est aussi multijoueurs, possède un système d'éclairage dynamique, un monde quasiment infini (31 000 blocs dans toutes les directions, Minecraft n'en gérant que 256 en hauteur).

Nous voici donc avec une nouvelle famille de jeux, accessibles très tôt sous Linux. Ceux qui cherchaient à jouer à Minecraft pourront également se tourner vers Minetest et pourquoi pas le soutenir par quelques dons.

Minetest

Liste de clones Opensource de InfiniMiner

Liste de clones toutes catégories de InfiniMiner

Les Lgames

Les Lgames sont un ensemble de jeux initialement créés pour Linux (d'où le L pour Linux) par Mickael Speck et publiés sous licence GNU/GPL.Lgeneral
La plupart de ces jeux ont été portés sur d'autres systèmes d'exploitation comme MacOSX, BeOS, NetBSD, Windows 32 bits bien sûr, Solaris et d'autres encore selon les jeux et la difficulté pour les porter. Ces portages ont été possibles grâce à l'excellente librairie sur laquelle ils sont basés : Simple DirectMedia Layer, SDL pour les intimes. D'autres extensions sont utilisées bien entendu comme SDL_mixer.

Lbreakout2On trouve donc les jeux suivant : Barrage, LBreakout et LBreakout2 (un arkanoïd), LGeneral (un jeu de type Freeciv), LMarbles (clone d'Atomix), LPairs (jeu de mémoire classique par paire de cartes), LTris (un Tétris), OCC (jeu d'échec en php); ainsi qu'une collection de petits jeux en ligne sous javascript (donc par navigateur internet, donc multi-systèmes) : LBill (reprise de Xbill bien connu chez les Linuxiens), LCarrots, LHalma, LMasterMind (un Mastermind), LMemory (de même type que LPairs), LShuffle (un classique jeu simple de puzzle)

On retrouve le jeu Lpairs sur la Wii sur le Homebrew Channel.

site officiel

Frozen-Bubble 14 ans déjà

Le 6 février 2016 c'était les 14 ans de la publication de la première version de Frozen-Bubble. Le développement du jeu avait débuté en novembre 2001 par ayo, amaury et gc(Guillaume Cottenceau), des membres de l'équipe de MandrakeSoft (Mandriva aujourd'hui). FrozenBubbleFrozen-Bubble est une belle reprise de Puzzle Bobble (édité par Taito en 1994 , aussi appelé Bust-a-Move en occident). Les graphismes sont sympathiques ainsi que les musiques d'accompagnement de matths (Matthias Le Bidan): c'est ce qui a fait tout son succès, surtout auprès de la communauté Linuxiène (seule la version 1 est disponible sous Windows). On notera qu'il existe aujourd'hui des versions Flash, Java, téléphones mobiles et Android qui ne sont pas le fait des développeurs initiaux.

la fiche sur jeuxlibres.net

Gamine un jeu pour les tous petits

Gamine fait partie des rares jeux destinés aux très jeunes enfants (à partir de 2 ans). Le but de l'application est de permettre aux parents de laisser les enfants utiliser l'ordinateur (avec surveillance, surtout que le clavier n'est pas à l'abri d'une remontée de biberon) sans avoir peur des mouvements brusque de la souris et de la brutalisation du clavier. L'enfant comprend alors que le déplacement de la souris ou la saisie au clavier a une action sur ce qui se passe à l'écran. L'enfant utilise l'ordinateur comme une ardoise magique.

Inspiré de l'ardoise magique, le jeu consiste donc à faire des lignes colorées avec le curseur de la souris et de faire apparaître des formes en cas de clic de souris et des lettres en cas d’appui sur une touche du clavier. Le tout se faisant dans un environnement sonore adapté. Il est ensuite possible d'enregistrer le dessin en tapant la touche "Impression d'écran" du clavier. Ce jeu est inclus dans DoudouLinux, distribution spécialement préparée pour les petits et les plus grands.

Remarque : Gamine est publié sous licence DWTFYWTPL : Do What The Fuck You Want...

L'apport d'Id Software aux jeux video libres et sous Linux

IdSoftware a la bonne habitude de libérer ses moteurs au bout d'un certains temps : le moteur de Doom 3 (Id Tech 4) fin 2011, 6 ans après celle du moteur de Quake III(et de Doom 1 et 2 auparavant). Un retour en arrière n'est pas superflu pour comprendre l'origine de ce don à la communauté du libre.

Un peu d'histoire :
C'était il y a plus de 25 ans : la société Softdisk (créee en 1987 : éditeur de mensuels couplés avec des logiciels sur disquette), avait recruté John Carmack, John Romero, Adrian Carmack (sans lien de parenté avec le premier), ainsi que Tom Hall qui travaillait à la division Apple II de Softdisk. Voici donc les quatres principaux protagonistes de cette histoire déjà réunis.
Les 3 premiers avaient pour tâche de concevoir de nouveaux jeux pour le magazine Gamer's Edge (édité par Softdisk).
Un dénommé Scott Miller fondateur de Apogee Software en 1987 (Duke Nukem,etc...) avait pris pour parti de distribuer ses jeux sur le mode du shareware (partagiciel). En mai 1990, Scott Miller repère Dangerous Dave, un jeu de plateforme de John Romero. Ils prennent contact et celui-ci lui montre une démo du moteur de jeu de son collègue John Carmack. Scott Miller fait alors signer à John Romero, John Carmack, et Tom Hall un contrat pour développer un jeu de plateforme du nom de Commander Keen. (C'est à cette époque qu'ils conçurent les ancêtres de Doom : Hovertank One et Catacomb 3D mais pour le compte de Softdisk). En décembre 1990, le trio apporte son jeu à Scott Miller, qui diffuse la première partie en partagiciel à titre d'appât (le but étant de faire acheter les épisodes suivant). Un mois plus tard, Miller adresse à l'équipe un premier chèque de dix mille dollars. Les trois développeurs ont tout de suite été séduits par ce mode de distribution. Id Software est alors fondé en février 1991 grâce aux revenus générés par Commander Keen et Adrian Carmack rejoint le groupe.
Le premier développement de la société fût Wolfenstein 3D . Ce jeu aussi fût diffusé sous forme de shareware par Apogee Software le 5 mai 1992. Et plus de 150000 personnes déboursèrent les 50 dollars nécessaires à l'obtention des épisodes suivants. A la surprise de l'équipe, les fans se sont mis à fournir des extensions au jeu original sans intervention d'Id Software: éditeurs de niveaux, sonorisations, didacticiels. C'était donc le début des communautés de contributeurs que l'on trouve beaucoup aujourd'hui dans le domaine du logiciel libre.
Id Software décide alors de diffuser elle-même ses productions et se lance dans la production de Doom avec Adrian Carmack. Sorti en 1993, Doom a été chargé 15 millions de fois dans sa version partagiciel et vendu 2 millions de fois en version commerciale.

L'apport pour les jeux libres :
John Carmack a toujours été reconnaissant envers la communauté des fans de lui avoir permis de faire fortune, d'où son choix de libérer le code source de ses moteurs. Ainsi, celui de Wolfenstein3D a été libéré dès 1993, celui de Doom (renommé Id Tech 1) en 1997. Suivront la libération sous licence GPL des moteurs de Quake, Quake II (Id Tech 2) et Quake III (Id Tech 3) en 2005.

Les jeux sous Linux :
Id Software a également été une société pionnière sur le marché des jeux sous Linux : de nombreux titres ont été porté sur cette plateforme : Doom, Quake 1,2,3, Ennemy Territory, etc... Les portages ont été réalisés successivement par Dave D. Taylor, David Kirsch et Timothee Besset. Dans le même temps, plusieurs jeux libres ou partiellement libres sont d'emblée compatibles Linux (mais aussi pour d'autres plateforme comme MacOS).

L'héritage :
L'apport d'Id Software aux jeux video est considérable. En effet, du fait de la libération des moteurs, de nombreux dérivés sont apparus ainsi que de nouveaux jeux. On peut citer (excusez du peu; certains sont libres, au moins partiellement) : Soldier of Fortune , Heretic 2, UFO ALien Invasion (moteur Quake 2), Halflife et la série des Counter Strike, Leaft4Dead (moteur GoldSrc), Medal of Honor , Call of Duty, Enemy Territory (moteurs issus de Quake III), Urban Terror, Tremulous, World of PadMan, OpenArena, Smokin' Guns, Turtle Arena(ioquake3 ), Alien Arena (moteur issu de Quake II et III), Warsow (moteur Qfusion issu de Quake II), Paintball2 (moteur BeefQuake), Nexuiz, Xonotic, Hexen (moteur GLQuake).

Que seraient les jeux FPS 3D libres et sous Linux sans Id Software et John Carmack ?

sources :

Wikipedia français et anglais et sites officiels

La saga des jeux video par Daniel Ichbiah éditions Pix'n Love,

Le site officiel d'Id Software

Softdisk

Les dérivés de Quake

Les maîtres du jeu, un autre ouvrage très complet sur le sujet

Un article similaire sur le site Geeks de France

Voilà une video qui illustre assez bien cette histoire : 30 ans de FPS (il en manque bien sûr)

OpenTTD disponible sur la Wii

OpenTTD est une réécriture entièrement libre de Transport Tycoon Deluxe créé par Chris Sawyer et édité par Microprose en 1994. C'est une simulation de réseau de tranport en 3D isométrique. Le jeu est moins joli graphiquement que Lincity NG (simulation de ville) puisque c'est du 8 bit, mais il est plus abouti. (On notera qu'il existe un projet de graphismes 32 bits)
OpenTTD a donc été transposé sur la Wii par un développeur de pseudo Extrems. Il est disponible depuis le 6 novembre 2011 et en français de surcroît.

Comment en profiter :

  • tout d'abord, dépoussiérer la Wii à laquelle les enfants ne jouent plus depuis longtemps.
  • la connecter sur internet par le wifi.
  • ne pas la mettre à jour
  • installer le hack de la Wii qui correspond à votre firmware (Bannebomb ou LetterBomb). Voir le tutoriel ici ou . Pour résumer :
    • trouver une carte SD de 2 Go (pas plus)
    • à partir d'un ordinateur, décompresser le hackMiiInstaller qui correspond à votre firmware sur la carte SD et mettre boot.elf à la racine. Si votre Wii est de version 4.1 ou inférieure, renommez le dossier "private POUR WII DE 3.0 A 4.1" en "private". Et si elle est en 4.2, renommez le dossier "private POUR WII 4.2" en "private".
    • insérer la carte dans la Wii, redémarrer et cliquer sur le bouton "Options Wii", puis "Chaînes" et l'onglet "Carte SD". A la question "Load boot.dol/elf ?" répondez oui.
    • installer "The Hombrew Channel" (en principe le "BootMii" n'est pas à installer et est à réserver aux experts).

Une fois ceci fait, un bouton "Homebrew Channel" apparaît. Dans cette chaîne, le "Homebrew browser" permet d'installer de multiples applications via internet.
Les jeux libres suivant sont également disponibles : Jump'n Bump, Kobo Deluxe, Zerace, Les 27 petits jeux de Simon Tatham, Supertux, Abuse. On y trouvera aussi les applications libres suivantes : DOSBox, ScummVM, GeexBox, Mplayer...

Même si ces logiciels sont libres et gratuits, cela ne plait pas à Nitendo que l'on fasse avec sa console, autre chose que ce pour quoi elle est prévue. D'où ces multiples tentatives de changement de version de firmware pour empêcher l'exécution du BannerBomb. Malgré cela, les bidouilleurs du monde entier ont trouvé un hack qui fonctionne pour chaque firmware.

La Wii ne continuerait-elle pas à prendre la poussière sous la télé, s'il n'y avait pas l'intérêt représenté par ses applications non officielles ?