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Le statut juridique des jeux video libres

Le Hors Série N°41 de Linux Pratique publié début 2018 et consacré au rétro gaming nous livre un excellent article de Tris Acatrinei sur le statut juridique des jeux video. Cela concerne bien sûr les jeux video sous licences libres. Il se peut que cet article concerne surtout la juridiction française. Cependant, de nombreux points sont communs avec d'autres pays.
"Le jeu video est à la fois une oeuvre musicale, visuelle, graphique, technique, narrative" avec également souvent un scénario, et une certaine jouabilité. Bref, une oeuvre aux multiples facettes où sont intervenus de multiples contributeurs.
Le jeu video est une oeuvre collective (cas d'un studio) ou de collaboration/collaborative. Ce dernier cas s'applique pour un groupe informel de personnes sans statut juridique, qui conçoit un jeu. Or c'est bien souvent le cas des jeux video sous licences libres.
L'auteur nous dit encore " Dans une oeuvre collaborative, nous retrouvons plusieurs branches du droit :
-le droit des marques
-le droit des affaires , plus spécifiquement, ce qui relève du secret des affaires.
-le droit d'auteur
-le droit des brevets"
L'oeuvre collaborative, concerne aussi les "modeurs" (les créateurs de "mods") et les "démo makeurs". Les "mods" sont de nouvelles cartes ou scénario d'un jeu, faits par des passionnés et non pas l'entreprise d'origine, comme ce fût le cas de Counter Strike mod du jeu Half Life de Valve. Les "démo makeurs" sont plutôt des créateurs de video de démonstration d'un jeu le plus souvent proprio. Ils sont souvent amenés pour cela à "hacker" le jeu (comprendre et modifier des éléments du jeu pour qu'il réagisse différemment).

Casse tête juridique pour joueurs nostalgiques :
Le paragraphe 3 de l'article publié, concerne les jeux libres : en effet, nombre d'entre eux sont des reprises d'anciens jeux par des passionnés de ce jeux qui le réécrivent quand ils s'aperçoivent qu'ils en sont capables, par défi personnel ou dans le cadre de leurs études. Si les graphismes sont très différents, alors on peut considérer le jeu comme un dérivé d'un autre jeu ("all creative work is derivative" nous dit Nina Paley dans sa video )
Mais certains jeux sont très ressemblant et c'est souvent voulu par l'auteur nostalgique. Or si le scénario est le même, alors le jeu devra être considéré partiellement libre.
Pour alimenter cette réflexion, prenons par exemple le cas du jeu libre Slime Volley de McMic, VinDuv et d'autres contributeurs. Il s'agit d'une sous licence GPL du jeu java ou flash "slime volley" (variante: "voleymon") avec cependant de nombreuses améliorations. En fait, il y a de multiples variantes de ce jeu dont de très vieilles versions, et en fin de compte, il faudrait une analyse historique précise pour savoir qui est à l'origine de ce jeu. D'ailleurs, quand on fouille un peu, on s'aperçoit que le plus vieux doit être AV pour Arcade Volleyball, un jeu d'une petite quarantaine de Ko réalisé en 1987 et dont l'auteur se nomme Rhett Anderson d'après retrogames.cz . On en retrouve une version libre sous le nom de GAV (GPL Arcade Volleyball). Bref, Slime Volley illustre l'un des multiples cas de jeu vidéo où tous les créateurs se regardent en chien de faïence en espérant que l'un d'entre eux ne déclenche pas une action juridique.

Revenons sur notre sujet, le statut juridique des jeux vidéo libres. Tris Acatrinei conclut :
"Le jeu video est une entité juridique non déterminée par la loi, mais par la jurisprudence".

Il ressort que les jeux video libres sont plutôt de type "collaboratifs", et qu'il n'y a pas tant que cela de vide juridique. Mais aussi, qu'il faut se méfier des reprises de jeux propriétaires existants, qui même "abandonnés" resteront soumis à droits d'auteurs ou de propriété intellectuel encore pendant longtemps. Et que même refait de A à Z, certains jeux libres trop proches de l'original pourraient être soumis à une licence d'exploitation si une exploitation commerciale était envisagée.

Le Hors Série N°41 de Linux Pratique

Terminal Overload cherche repreneur

Terminal Overload est un FPS (First Person Shooter) libre multijoueur, qui se déroule dans un univers abstrait et futuriste. C’est un successeur de Revenge Of The Cats: Ethernet, sorte de mix entre KernelPanic et Warsow avec un rendu de type filiforme qui peut rappeler Tron. Les binaires 32 bits pour Windows et GNU/Linux sont fournis ainsi que le code source à compiler.
Un financement participatif (crowdfunding) avait été lancé par l’auteur de Revenge Of The Cats: Ethernet, Michael Goldener, le 6 décembre 2013, avec pour but de libérer l’ensemble du jeu dont le moteur n’était pas entièrement libre.

Torque3D, une version moderne et libre du moteur était apparue et fut adoptée. Le but de l’appel à financement était donc de porter le jeu sur ce moteur. Le financement ayant été atteint, une divergence (fork) a été créée et la version 0.1 sortie le 1er août 2014 sous le nom de Terminal Overload.
Il utilise donc désormais le moteur Torque3D sous licence MIT (au lieu du moteur Torque Game Engine). La licence du code est la GPL v3 et les données sont sous Creative Commons Attribution 4.0 International.

Malheureusement, il n’y a plus d’activité depuis le 5 février 2016.
Y aurait-il un repreneur dans la salle ?

Site Officiel

Du crowdfunding pour libérer Revenge of the Cats: Ethernet (Linuxfr)

Les nouveautés de Xonotic 0.8.2

Xonotic est un jeu de combat en arène à la première personne. C'est un fork (une nouvelle branche) de Nexuiz sorti en 2005. Le fork a eu lieu en 2011, suite à la revente du nom Nexuiz d'un développeur auprès d'un éditeur éditeur de jeu vidéo propriétaire. XonoticCurieuse fin pour un jeu libre finalement. Cela fait partie des cas d'école sur l'historique des jeux libres.
Xonotic est basé sur un moteur id Tech 1 profondément remanié (Darkplaces). Ce n’est pas qu’un simple clone libre et propose de nombreux modes de jeux originaux et une jouabilité propre.

L'article d'origine sur Linuxfr

site officiel

Rolisteam : jouer à des jeux de rôle à distance

Rolisteam est un logiciel de table virtuelle pour la réalisation de parties de jeu de rôle réels avec des joueurs dispersés dans le monde entier. Il propose une série de fonctionnalités allant du partage d’image au lancement de dés.
Ce n'est donc pas à proprement parler un jeu video, mais un logiciel pour jouer à distance à des jeux de rôle.
C'est un fork de Rolistik de Romain CAMPIONI un logiciel sous licence GPL prévu pour Windows et MacOS seulement. Mais celui-ci étant développé avec Qt et C++, il a pu être porté facilement sous Linux. Le fork est porté maintenant par Renaud Guezennec et Joseph Boudou (Romain Campioni a arrêté de travailler dessus). Rolisteam est donc sous licence GPL également.
Rolisteam est disponible dans les langues suivantes : français, anglais, portugais, hongrois, allemand, roumain, espagnol et d'autres partiellement.

site officiel :

sortie de la v1.8 et fonctionnalités sur Linuxfr :

Rolistik

"Resurrect Revenge Of The Cats: Ethernet",succès du financement pour la libération du jeu

"Resurrect Revenge Of The Cats: Ethernet" est un jeu de FPS, sorte de mix entre KernelPanic et Warsow avec un rendu de type filiforme qui peut rappeler Tron. Un crowdfunding (financement par la foule) avait été lancé par son auteur Michael Goldener, le 6 décembre 2013. Dans quel but ?
En fait, l'auteur et les contributeurs avaient constaté une lente mort du développement et du jeu lui-même à cause, estime l'auteur, du caractère non libre du moteur utilisé. Ceci empêchait la création d'une communauté de développeurs autour du jeu.
Entre temps, une version moderne et libre du moteur était apparue. Le but de l'appel à financement était donc de porter le jeu sur ce moteur.
Le financement a été atteint quelques jours avant la date limite du 31 janvier 2014, félicitation ! Et donc, le travail pu commencer : le nouveau jeu s'appelle Terminal Overload et est sorti en version 0.1 le 1 août 2014. Il utilise donc désormais le moteur Torque3D sous licence MIT (au lieu du moteur Torque Game Engine). La licence du code est la GPL-v3 et les données sont sous Creative Commons Attribution 4.0 International.
Le jeu est disponible pour Windows et Linux.
Have fun.
site officiel de Resurrect Revenge Of The Cats: Ethernet

développement sur GitHub

annonce sur Linuxfr

Terminal Overload

Enemy Territory: Legacy progresse vers le libre

 Cet article est basé sur des extraits d'un article paru sur Linuxfr par Thomas Debesse.
Le projet Enemy Territory: Legacy est basé sur le code source de Wolfenstein: Enemy Territory, un jeu vidéo de tir subjectif multijoueurs se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale et développé par Splash Damage. Sorti en 2003, ce jeu gratuit tournant sur une version modifiée du moteur id Tech 3 (plus connu sous le nom de Quake III engine) fut libéré en avril 2010 par Id Software sous licence GNU GPL v.3(le moteur seulement).

 ET:Legacy a sorti la version finale de sa première version stable 2.71, fin 2014 après près de 3 ans de développement.

 Puisque les données du jeu d’origine ne sont pas libres, ET:Legacy n’est pas par définition un jeu entièrement libre, posant une certaine difficulté d’empaquetage dans les distributions GNU/Linux. À plus long terme, le projet désire remplacer toutes les textures, modèles 3D et sons par des équivalents librement modifiables et distribuables.
-De Wolfenstein 3D à ET:Legacy :
ET:Legacy tire ses plus profondes racines de Wolfenstein 3D, l’ancêtre de Doom, developpé par Id Software en 1992 (et communément appelé «Wolf 3D»). Le joueur incarne un soldat Allié qui se retrouve prisonnier dans un château nazi dont il doit s’échapper. Ce jeu a rendu populaire le genre du tir subjectif (FPS).
Publié en 2001, toujours par Id Software, Return to Castle Wolfenstein (RTCW) est un reboot couronné de succès de Wolf 3D. En effet, son mode multi-joueurs est devenu la partie la plus renommée du jeu, ayant même une influence considérable sur le genre. Ayant travaillé sur quelques unes des cartes de l’édition «Game of the Year» de RTCW, le studio indépendant londonien Splash Damage s’est vu confier le travail sur la partie multijoueurs de la suite de RTCW.
Wolfenstein: Enemy Territory était à l’origine prévu pour être publié en tant qu’extension de RTCW, puis plus tard comme un jeu autonome. Toutefois, en raison de problèmes avec la partie solo, la sortie commerciale fut annulée tandis que la partie multijoueur du projet fut mise à disposition en mai 2003 en tant que jeu gratuit, ce qui explique sa popularité et sa très longue longévité. En janvier 2004, un SDK fut publié au profit de la communauté, permettant de créer de nouvelles cartes et modifications.
Tandis que le code du moteur de Quake 3 était disponible depuis 2005, les versions modifiées des moteurs d’Enemy Territory et de Return to Castle Wolfenstein n’ont été libérées qu’en 2010, permettant alors à la communauté de s’essayer à la maintenance et à l’amélioration du logiciel.
La reprise du développement et le problème juridique
Avec une base de code commune à Quake 3, les développeurs derrière le projet libre ioquake3 chez icculus.org se sont naturellement intéressés à ce nouveau code libéré, annonçant immédiatement que le travail sur iowolfet et iortcw commençait. Cependant, si la base de code est très similaire, il existe une cruciale différence qui n’a rien à voir avec la technique, mais relève d’une question juridique : le moteur de Quake 3 a en effet été publié à l’origine sous licence GPLv2, tandis que les nouveaux moteurs sont sous licence GPLv3.
En d’autres termes, il n’était pas possible de transférer les améliorations du moteur iowolfet dans le code de ioquake3, bien plus avancé et plus propre sur de nombreux points grâce au travail apporté sur plusieurs années. L’unique solution consistait ainsi à transférer dans iowolfet les améliorations déjà faites dans ioquake3. Cependant, comme personne n’aime faire le travail deux fois, et à cause de possibles ambiguïtés juridiques liées à certaines parties de code dans ioquake3 qui étaient à l’origine sous GPLv2 uniquement, les dépôts iowolfet et iortcw d’Icculus ont végété dans leur coin, sans modifications notables.
Mais différents projets ont surgi à de nombreux endroits à travers le web. On peut citer : wolfet-merge, raedwulf-et(mort), ET:XreaL, Open Territory(mort), OpenWolf(mort), et enfin Enemy Territory : Legacy, le présent projet, est à l’origine un fork de raedwulf-et. À un certain moment dans le développement, l’auteur de raedwulf-et a commencé à remplacer SDL en faveur de GLFW dans son projet. Tout le monde n’a pas apprécié ce changement et le code a été forké pour commencer une autre vie.
Ainsi, parmi les différentes tentatives d’amélioration les plus connues, seul le projet ET:Legacy est toujours actif et en constant développement depuis son lancement.
-Compilation :
le système de compilation est passé de SCons au plus puissant «moteur de production» multiplate-forme CMake. Les bibliothèques SDL 2, libcurl et libjpeg6 utilisées sont désormais liées dynamiquement. La prise en charge de la libjpeg-turbo a également été ajoutée. Il est désormais possible de compiler ET:Legacy pour Windows depuis GNU/Linux grâce au système de compilation croisée MinGW.
-Portabilité :
Les routines assembleur i386 ont été remplacées par les routines équivalentes développées par le projet ioQuake3. ptitSeb, développeur très actif dans le projet OpenPandora (un projet communautaire de console de jeu de poche tournant sur GNU/Linux), a porté le moteur sur l’architecture ARM et a implémenté la gestion d’OpenGL ES afin de pouvoir rajouter ET:Legacy à la logithèque de Pandora ; BZsili a rajouté la prise en charge des systèmes AROS et MORPHOS ; enfin Jonathan Gray s’est occupé de la prise en charge d’OpenBSD.
-Configurations prises en charge :
ET:Legacy prend en charge les systèmes GNU/Linux, *BSD, OS X, Windows, AROS et MORPHOS, et les architectures x86, x86_64 et ARM.
Les binaires OS X sont compatibles seulement avec Mountain Lion (10.8) ou supérieur et les mods «Silent» et «Legacy».
Seules les configurations 32 bits sont compatibles avec les serveurs Wolf:ET d’origine. Les mods les plus populaires sont pris en charge, à l’exception du mod «etpro» dont le module anti-cheat intégré dans la partie cliente vérifie explicitement la présence du binaire d’origine 2.60b.
Il est possible d’utiliser ET:Legacy en 64 bits, mais on ne pourra se connecter qu’aux serveurs proposant moteur et mod en version 64 bits (ET:Legacy avec Legacy mod pour l'instant). Le même problème se pose pour les architectures nouvellement supportées. Le module de joueurs IA Omni-bot a lui aussi été récemment porté en version 64 bits.
Encore un beau FPS qui progresse doucement vers le libre.

Article d'origine sur Linuxfr

Site officiel